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30 avril 2008

Ambiance!

César : « Mais tout le monde sait que tu es cocu ! »
Escartefigue : « Monsieur Brun ne le savait pas ! »
César : « Et c’est lui qui me l’a dit ! »

A Marseille, sur le vieux port, plane toujours l’ombre de Marcel Pagnol et de ses célèbres personnages . Il n’y a que dans cette ville qu’on peut ressentir si fort la présence de héros mythiques qui ressemblent autant aux gens de la rue.
Depuis quelque temps d’ailleurs, des personnages tout aussi amusants, mais bien vivants, eux, semblent avoir pris la relève pour corser un peu plus l’ambiance très méridionale qui règne dans les quartiers.
Les élections municipales, qui viennent d’avoir lieu, ont été animées, bien fleuries en langage, riches de suspense et de rebondissements. Finalement le Vieux Lion a été réélu d’une grosse poignée de voix. Joli pied de nez aux mânes de Gastounet !
Il semble pourtant que la partie de cartes ne soit pas terminée et que dans les couloirs de l’Hôtel de Ville, on entende résonner encore la phrase de légende :
« Tu me fends le cœur ! »
Jeudi 17 avril, les nouveaux élus sont réunis pour élire le nouveau président de la C.U.M. (Communauté Urbaine de Marseille). Chaque camp a compté ses voix : 92 élus de droite contre 65 élus de gauche. Les jeux sont faits, le temps est au beau fixe , Jean Claude Gaudin se prépare à adouber son poulain Renaud Muselier. Ce n’est pas la candidature symbolique de Caselli, obscur élu socialiste, qui viendra troubler la fête. On passe donc au vote. Résultat :
Caselli 79 voix…Muselier 77 voix : Ambiance !
« C’est un déni de démocratie ! »
« Non ! Sire, c’est une baffe ! » (note du rédacteur)
Explication succincte : Muselier est un bon jardinier, mais c’est Noël Guérini, président socialiste du Conseil Général, qui tient l’arrosoir. Et les maires, fussent-ils de droite, aiment bien qu’on leur arrose leur budget, ça le fait pousser.
Comme dit Gaudin à propos d’un maire UMP (dixit le Canard) : « Fais du bien à Bertrand, il te le rend en caguant ! »
Ya qu’à Marseille qu’on peut voir ça !
Mais rebelote ! La partie continue :
Séance du Conseil Municipal, cette fois-ci. Là la majorité attendue est plus courte : 51 élus de droite contre 49 de gauche,et un du FN.
Il s’agissait de faire prendre à la noble assemblée une grande décision financière ( dont je doute pourtant qu’elle ait fait l’objet d’un thème officiel de campagne)
Les joueurs de l’O.M. étant probablement stressés, on leur avait organisé un beau voyage de détente, en classe affaires, sur Shanghai. Coût de l’escapade, tous frais compris, 87000 Euros. Et heureux hasard, c’est la mairie qui doit régler la note.
Argument justificatif du maire : « La ville de Marseille a souhaité profiter de cet évènement pour renforcer les liens entre les deux cités. »
On passe au vote à bulletin secret : Cinquante voix pour, cinquante voix contre et une abstention .
Aux dernières nouvelles, la gauche rechercherait le coupable du « déni »pour le décorer et la droite pour l’écraser.
Debout Raimu ! Ya du boulot !

28 avril 2008

Les fauves doivent rester en cage.

Le crime sexuel est, de tous, le plus révoltant, d’autant que ce sont souvent les enfants ou les jeunes filles qui en sont les victimes. Ces crimes odieux sont le fait d’individus malades, souffrant probablement d’anomalies cérébrales, et qui se comportent comme des fauves chasseurs de gibier. On ne peut pas dire que ce phénomène soit le fait des temps modernes. Gilles de Rais est resté dans l’histoire le plus célèbre de ces atroces pervers. Il faut donc admettre qu’une infime partie de notre société comporte des éléments pourris. La psychiatrie, dans l’état actuel de ses connaissances, ne sait pas tous les guérir , encore moins les détecter. Quant à la loi, elle fait ce pour quoi elle est conçue, elle punit. Elle punit sévèrement mais elle est impuissante face aux récidives. Or la caractéristique du criminel sexuel est que, par nature, il est majoritairement exposé à la récidive. Le meurtre de la malheureuse étudiante suédoise vient nous le rappeler.

Soustraire à jamais ces individus afin qu’ils ne puissent plus se livrer à de nouveaux actes abominables : je suis pour. Il est inutile de relâcher des monstres en puissance si l’on n’est pas persuadé qu’ils sont susceptibles de s’amender, à fortiori de se reconstruire. La tentative du gouvernement français de trouver la solution à ce grave problème est louable, mais elle est maladroite, car elle comporte dans son principe une entorse grave au droit républicain. Car si l’on peut punir un homme pour ce qu’il a fait, on ne peut le condamner une nouvelle fois pour ce qu’il est, ni non plus pour ce qu’il risque de faire. Une fois sa peine purgée, il faut donc lui rendre sa liberté. Tel le veut la loi qui se fonde sur la chose jugée et sur le respect du citoyen, même si ce dernier est méprisable.

A mon humble avis, il faut chercher dans une autre direction.
Sans être juriste, j’observe, par delà l’émotion suscitée, mais fugitive, que la différence que nous faisons entre le crime crapuleux et le crime sexuel, n’est pas, à quelques nuances près, très importante et qu’il n’y a guère de différence dans la façon de les juger. Les circonstances aggravantes n’y changent rien. Il suffirait, me semble-t-il, pour aller dans le sens du gouvernement, de requalifier le crime sexuel afin de lui donner un caractère de gravité spécifique et de l’assortir de la perpétuité, au sens étymologique du mot.
Tout criminel sexuel avéré serait alors assuré de finir ses jours en prison dans la plupart des cas. On ne lui laisserait qu’une petite fenêtre ouverte. Au bout de trente années, la possibilité d’apporter la preuve, devant une commission d’experts aux critères particulièrement draconiens, qu’il est définitivement débarrassé de ses pulsions.
Ainsi, pour le détenu, la perspective de sa libération ne serait pas un droit automatique, mais un acquis, obtenu après s’être prêté à des soins intensifs dont les résultats probants ne seraient plus contestables.

25 avril 2008

Tout sauf l'indifférence.

On peut ne pas être d’accord avec la politique menée par Nicolas Sarkozy et reconnaître que sa bonne volonté n’est pas en cause. Plus que le fond, connu depuis la campagne électorale, c’est la forme qui me gène. En effet, le Président de la République ne supporte pas l’idée qu’on puisse le taxer d’immobilisme; alors il bouge, s’agite, se met en avant au détriment du Premier ministre, avance à coups d’effets d’annonce. On pourrait lui appliquer la formule : « tout sauf l’indifférence ».
Ce remue ménage élyséen, qui ressemble à une fuite en avant, est presque pathétique par le désordre qu’il génère dans le gouvernement. En effet, nombreux sont les ministres qui n’arrivent plus à suivre dans cette bouteille d’encre où s’agitent des paillettes. Alors, ils cherchent leur voie en fonction des humeurs de leur patron. Rien d’étonnant donc qu’on assiste à ces culbutes en cascade qu’on appelle trivialement des "couacs !"
Plus grave encore, cette façon qu’a le chef de l’Etat de se projeter sous les feux de l’actualité, peut avoir des effets très négatifs dans les affaires délicates. Lors de la dernière conférence de presse du Président, un journaliste le lui a fait finement remarquer en posant une question au sujet d’Ingrid Betancourt.
Ce n’est pas la première fois que les responsables français ont à faire face à des enlèvements d’otages. Or il est à noter que le plus souvent les négociations pour leur libération ont été menées dans le secret par des émissaires non officiels rompus à cette tâche, parfois même sulfureux, comme le préfet Marchiani. Il est déjà fort délicat de négocier des situations conflictuelles d’état à état, suivant des règles internationales (on a vu ce que cela donnait avec Kadhafi) pensez donc avec des gens atypiques qui n’ont aucun principe de droit puisqu’ils sont en rupture avec l’ordre établi.
Ces rebelles ou ces bandits, pour qui le respect de la personne est secondaire, recherchent avant tout l’argent ou la notoriété ; ou bien les deux à la fois. L’otage est le moyen idéal pour faire parler d’eux. Ainsi les Farc savent pertinemment que tant qu’ils détiendront Ingrid Betancourt, ils seront reconnus d’une manière ou d’une autre et qu’on ne les oubliera pas au fond de leur jungle ; surtout depuis que la France a un chef d’état qui donne l’impression de dialoguer avec eux d’égal à égal et qui leur envoie des messages à la limite de la supplication. Ils se sont même permis de le traiter de « naïf ». C’est terrible à dire, mais on a eu l’impression qu’ils n’avaient pas tort en la circonstance.
Un Président de la République n’a pas à s’exposer pour donner à ces gens plus d’importance qu’ils n’en ont, au risque de leur tendre la perche pour les hisser sur la scène internationale.
Le Président peut agir dans l’ombre par le biais de ses envoyés, respecter les règles de discrétion et n’en être pas moins efficace. Oui, mais voila, la Télé n’en saura rien et les administrés non plus.
On retrouve ici la peur bleue du Président de donner l’impression d'immobilisme !

22 avril 2008

Les crocodiles ont les dents longues, mais ils sont aussi intelligents.

Lorsqu’il produit une loi, le législateur devrait se demander, par-delà ses bienfaits attendus, quels sont aussi ses possibles effets pervers. Certaines lois prêtent le flanc aux esprits malveillants plus que d’autres. C’est, me semble-t-il, le cas de la loi de Robien.
Cette loi a été promulguée dans le but louable de favoriser la promotion du logement en France. Elle incite donc les investisseurs à placer leur argent dans la construction de maisons ou appartements locatifs en les faisant bénéficier pendant neuf ans d’exonérations fiscales importantes à condition qu’ils soient loués dans un délai de 12 mois. Jusque là rien à redire.
Pourtant à bien y regarder, on s’aperçoit que la loi ne comporte aucun garde-fou quant à l’implantation des nouvelles constructions. Pas de zones prioritaires où la demande locative est plus forte qu’ailleurs, pas de quota dans une zone déterminée, pas d’obligation d’étude de rentabilité. Bel exemple de libéralisme !
Certains promoteurs peu scrupuleux ont eu tôt fait de voir le bon parti qu’ils pouvaient tirer de ces dispositions généreuses. Ils ont fait le siège des mairies pour trouver des terrains en gagnant la confiance des maires sensibles au développement de leur commune, ils se sont adjoint des pseudo-conseillers financiers chargés de faire miroiter les avantages des opérations tout en occultant leurs risques . Alors les candidats acquéreurs sont venus nombreux signer des contrats( souvent uniquement sur plan, sans voir le terrain qu’ils achetaient) et souscrire des emprunts auprès de banques complaisantes. Bien sûr ces promoteurs se sont bien gardés de faire une étude de rentabilité sur des bassins d’emploi, ni sur la demande de location prévisible.
Résultat, un certain nombre d’acquéreurs se retrouvent propriétaires d’un bien immobilier impossible à louer parce que situé dans un désert économique ou dans une zone suréquipée en logements . Après 12 mois de recherches infructueuses, les dispositions de la loi étant caduques, ils payeront plein pot leurs impôts, et devront en plus faire face à leurs mensualités de remboursement sans avoir la compensation du loyer. S’ils veulent vendre pour se débarrasser de l’affaire, là encore on les attend au tournant. Leur nouveau bien se négocie désormais entre trente et quarante pour cent au-dessous de sa valeur. Avec les mêmes crocodiles ? Ce n’est pas impossibles ! Entre temps quelques promoteurs ont cru bon de changer de raison sociale, quant aux conseillers fiscaux autoproclamés, ils ont disparu de la circulation.
Quel gâchis ! Alors que tant de pauvres dorment dans des logements insalubres, dans leur voiture, ou sous des tentes !

Remarque : Tous les promoteurs ne sont pas des aventuriers. Mais si vous venez juste de signer tel contrat, sans trop ouvrir les yeux, suivez le conseil de France-Inter en cas de doute. Vous avez huit jours au plus pour résilier.

21 avril 2008

Secrets et mensonges.

Le classement « Secret Défense » est bien commode quand on veut cacher un gros mensonge d’Etat.
Ainsi mis sous le boisseau, un dossier ne verra pas le jour avant près de cinquante ans. Il échappe donc aux curieux : médias, opinion publique et même à la justice. Et après cinquante ans, quand le mensonge sera connu, qui donc songera à s’en émouvoir ?
L’émission Thalassa, sur France 3, a dernièrement mis en lumière l’incroyable action malfaisante de nos dirigeants et de l’Etat-major, lors des essais nucléaires de Mururoa. Qu’importaient au fond, les sites paradisiaques détruits, les dégâts sanitaires collatéraux qui paraissaient inévitables sur les populations voisines : il fallait à tout prix rassurer ; la France voulait sa bombe. L’explosion ferait du bruit certes, mais la bombe ne devait pas en faire. Prestige et grandeur avaient un coût, on n’allait pas s’appesantir sur des broutilles qui concernaient tout au plus quelques centaines d’habitants.
Quand le nuage radioactif de la première explosion, au lieu de monter droit dans le ciel, comme promis par les experts, s’était incliné vers l’île de Mangavera, dégoulinant de radioactivité, les observateurs officiels furent évacués d’urgence et l’armée n’acheta plus de légumes. Le médecin militaire responsable de la prévention fit un rapport des plus alarmants qui resta top secret, mais qui inspira à nos autorités le commentaire suivant resté lui aussi secret:
« Aucune mesure d’interdiction n’est envisagée. Il peut être nécessaire de minimiser les chiffres réels de façon à ne pas perdre la confiance de la population. »
Cette attitude, à la limite criminelle, aurait eu, si elle avait été connue du grand public, un retentissement considérable. La majorité de la population l’aurait, n’en doutons, pas sévèrement condamnée.
Plus que de « confiance », c’était donc de « silence » dont les autorités avaient besoin pour fignoler leur bombe : Secret Défense !
Oui, mais voilà ! des enfants en sont morts et l’on ne connaîtra jamais le nombre de cancers provoqués directement par l’empoisonnement de l’atmosphère.
Dans le pays des droits de l’homme, il ne devrait pas y avoir de secret défense susceptible de couvrir le sacrifice d’innocents à la raison d’Etat.
Les hommes qui dirigeaient la France en ce temps là, y compris le plus célèbre d’entre eux, Charles de Gaulle, n’étaient pas débarrassés de cet esprit d’hégémonie dont les autochtones de nos colonies ont trop souvent fait les frais. Gageons qu’aucun des détails sordides racontés par Thalassa ne figure ou ne figurera dans les écrits des mémoires de nos hommes politiques. Les écarts de conscience, ça ne se publie pas : Secret Défense ! Et pour l’éternité, cette fois.

15 avril 2008

On ne pendra pas les "Jacques"

Au Moyen âge, les paysans,( nommés aussi les « Jacques ») excédés par les prélèvements et les taxes de toutes sortes qui les acculaient à la famine, poussés au désespoir par leur misère, se révoltaient quelquefois contre le seigneur et brûlaient son château.
Ces « jacqueries » étaient réprimées avec la dernière des sauvageries. Les chemins se bordaient de gibets où se balançaient les pendus que l’on laissait sécher au bout de leur corde afin d’impressionner les survivants. « Plus becquetés ( par les corbeaux) que dés à coudre » a chanté le poète Villon dans sa « Ballade des Pendus ».
Le Moyen âge a cédé sa place à des temps plus faste qui, insensiblement ont fait reculer la faim, du moins dans les pays riches. Mais rien n’étant nouveau sous le soleil, le monde va bientôt découvrir ses « Jacques » autrement dit ses pauvres diables qui sont à bout de misère. Ici et là, la colère gronde ; la pire de toutes, celle du désespoir. Au Soudan, en Egypte, au Burkina Faso, au Maroc…des peuples affamés n’hésitent plus à se dresser contre l’autorité de leur pays.
En l’an deux mille pourtant, lors d’une séance des Nations Unies, les principaux chefs d’états des nations riches leur avaient promis de les aider. Ils s’étaient même engagés à réduire la pauvreté de moitié avant l’an 2015. Hélas pour tous ces pauvres gens, ce ne sera pas à Pâques, ni même à la Trinité. L’Europe qui, pour sa part, s’était engagée à porter son effort à l’horizon 2010 à 0,70% de son P.I.B. arrive tout juste à 0,38% avec une tendance à la baisse. Quant à notre belle France qui, comme chacun sait, est en train de racler ses fonds de tiroirs, son effort passe de 0,47% à 0,38%, en baisse constante: cela représente à peu près 1 milliard d’euros, d’ailleurs répartis suivant des critères contestables.
Mais le cynisme des nantis ne s’arrêtera pas là. La consommation effrénée des riches fait monter les prix des matières premières comme le riz, pourtant aliment de base des populations pauvres ; d’autre part la hausse du baril de pétrole pousse les chefs d’exploitations de la planète à réserver de plus en plus de terres aux cultures à biocarburant : autant d’hectares de surface arable qui ne produiront pas de blé, de millet ou de tubercules nourriciers.
Quand des hordes de miséreux affamés déferleront, mains vides et poitrines nues, face aux mitrailleuses des vaillants soldats, alors peut-être les autistes qui nous gouvernent se donneront la peine de chercher des solutions.
Encore heureux d’être au vingt et unième siècle. On n’osera pas pendre aux gibets ces nouveaux « Jacques ». On s’évertuera à cacher leurs cadavres pour ne pas gâcher la digestion des ventres pleins.

08 avril 2008

De l'art de faire rater une marche!

Le Président de la République qui culmine au premier niveau a botté en touche. « On verra… »

« C’est tout vu ! » a pensé le peuple qui, insatisfait, a emprunté la marche pour descendre au deuxième niveau, chez les sportifs. Mais là non plus cela n’a pas fonctionné. Alors que les visiteurs pensaient pouvoir tâter du muscle, ils n’ont rencontré que de l’atonie. Les sportifs n’affichaient pas plus de dix de tension. Ne les accablons pas, ils sont assis entre deux chaises.

Alors le peuple a voulu descendre au troisième niveau pour y chercher un peu d’oxygène et là, patatras !... il a raté une marche et s’est retrouvé dans la rue avec des extincteurs dans les bras. Et de crier « sus à la flamme ! ». Comble d’ironie, pour épauler la police qui verrouillait tout, on avait mobilisé quelques patrouilles de …pompiers. Les soldats du feu pour défendre la flamme, voilà qui ne manque pas de sel. Pauvre symbole ! L’universalité olympique ne méritait pas ça. Si le sujet n’était pas si grave, on en pleurerait de rire. Surtout que pour corser le tout, les dirigeants du C.I.O. faisaient « la gueule » alors que finalement le bonheur était dans la rue.

En France, soyons clairs : ou nous sommes la patrie des droits de l’homme et nous nous rangeons spontanément du côté des opprimés ou bien nous déclarons que nous sommes devenus une nation d’affairistes qui visent avant tout l’intérêt commercial. Si cette dernière option est la nôtre, courons donc au jeux tendre la main aux Chinois, mais ne biaisons pas.
Ce sont nos attitudes bâtardes, peu courageuses, qui sont la cause directe de ce désastre. Car désastre il y a à tous les points de vue, puisque nous perdons sur tous les tableaux.

Si Sarkozy avait affirmé haut et fort, comme Angela MerKel : « Je n’irai pas à la cérémonie d’ouverture pour marquer mon désaccord », si les sportifs français avaient montré sans ambigüité que c’est le cœur à l’envers qu’ils iraient aux jeux, alors peut-être la rue n’aurait pas réagi avec autant de turbulence. Et cela n’aurait pas fâché les Chinois plus qu’ils ne le sont aujourd’hui.
L’indécision et le manque de courage se paient d’autant plus fort qu’on est haut placé.
Où est donc passé « le rêve français » qu’un certain candidat nous avait tant promis !

07 avril 2008

L'eau tiède.

Les évènements qui secouent la Chine font naître dans notre pays émotion et polémique.
Comme toujours en pareil cas, il ne faut pas compter pour réagir dignement, sur nos hommes politiques au prétexte bien commode que les Jeux ne sont pas d’essence politique, alors même qu’ils le sont pleinement. Le C.I.O. en choisissant la Chine dans une forte ambiance de désapprobation a fait jouer l’option politique. Il nous a à l’époque bien bassiné les oreilles en jurant, la main sur le cœur, que la première conséquence de ce choix serait de faire évoluer ce grand pays vers plus de démocratie, plus de respect des droits de l’homme. On voit le résultat. C’est pour le C.I.O. le retour de boomerang.

Alors on comptait, nous Français, sur nos sportifs pour sauver l’honneur. Là encore il faudra attendre les lendemains qui chantent.
Le port de l’image de la colombe sur le maillot, suggéré dans un premier temps, a été jugé un symbole trop fort, trop bouillant, trop agressif et, finalement trop vexant pour les Chinois. Alors, faute d’acide décapant, on s’est rabattu sur l’eau tiède.
« Pour un monde meilleur ! » voilà ce que nos fiers sportifs vont arborer sur un badge dont la dimension reste à définir, ce qui me laisse craindre que les myopes ne puissent pas le lire ; et comme il y a beaucoup de myopes parmi les dirigeants chinois, on voit bien que cette formule d’enfer ne traumatisera pas grand monde.

Surtout que par définition cette dernière formule ne peut contrarier un seul dirigeant de la planète. N'importe quel hypocrite peut même la faire sienne. Car tout le monde veut « son » monde meilleur. Napoléon voulait « son » monde meilleur dans son esprit de conquête ; Hitler voulait, suivant ses pensées monstrueuses, « son » monde meilleur ; nul ne doute que les dirigeants chinois rêvent d’un monde meilleur où tous leurs opposants seront morts ou en prison.

Je souhaite courage et bonne conscience à l’athlète qui ira chercher sa médaille en tout esprit olympique. Quand parvenu sur le podium, l’hymne national de son pays libre sonnera son triomphe, il pourra toujours penser que, derrière les barreaux de leur prison, certains condamnés pour délit d’opinion rêveront longtemps encore « d’un monde meilleur ».

01 avril 2008

Gênant comme un coq.

Récemment, la presse a relaté la séance d'un tribunal devant lequel les propiétaires d'un coq avaient été traînés par leurs voisins. Cet important fait divers m'a inspiré sur un autre blog le poème suivant:

Un coq au tribunal.


C'est un cri, et non un chant,

C'est disgracieux, tonitruant.

Quand ça vous réveille,

ça vous écorche les oreilles.

Et c'est souvent à minuit

Qu'il célèbre le temps qui fuit.

Ma maison, monsieur le juge

Est mon seul refuge.

J'y veux la paix du citoyen

Qu'on m'en donne les moyens.


Certes, répond le juge

ça s'apparente à une purge.

Ce n'est pas Pavarotti,

Encore moins Tino Rossi.

Pourtant,s'il n'est pas un ramage,

Ce chant nous vient du fond des âges.

Jusque là, nul, fût-il bougon,

N'a contesté cette chanson.



Débouté, pour le chant du coq!

Et toc!



Autorisé le volatile

A redevenir volubile.

Il pourra, dès le matin,

Chanter la gloire des crétins.

Sans aller jusqu'au Pont d'Arcole

Les oies, ont bien sauvé le Capitole.



Le salaire d'un juge n'est pas zéro,

Il en coûtera donc cinq cents euros

Au détracteur du coq.

Et toc!

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