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31 mars 2008
Le bal de dupes.
« Je suis scandalisée qu’on puisse envisager de donner la mort à cette femme parce qu’elle souffre et qu’elle est difforme »
La dame patronnesse qui s’exprime ainsi n’est pas n’importe qui. Elle est ministre du logement et siège paraît-il à Rome, dans une commission chargée de conseiller le pape. L’ennui avec l’Eglise, c’est qu’elle possède des gens d’exception tels que l’abbé Pierre ou sœur Emmanuelle qui vous donnent envie d’adhérer à ses valeurs mais qu’à contrario elle est dirigée par des gens dogmatiques, rétrogrades, qui ne voient pas les réalités humaines.
On pourrait dire la même chose des gens bordés d’hermine qui président la Justice, mais eux au moins ont la pudeur de se taire.
C’est l’influence de ce petit monde conservateur qui guide nos destinées. Aussi ne cherchez pas ailleurs les raisons de la scandaleuse (mais non surprenante) autopsie pratiquée sur la dépouille de Chantal Sébire. Tous ces gens importants, détenteurs de la morale et de la vérité ont été bernés : bernés par une petite enseignante au courage extraordinaire, bernés par une association de gens courageux, bernés par le soutien de l’opinion publique. Il y a outrage à la loi, outrage aux bonnes mœurs fondamentalistes. De quoi faire pâlir toutes les rosettes qui fleurissent aux revers des vestons. Alors il faut savoir qui a osé défier les autorités.
Oseront-ils de leur côté prononcer des mises en examens pour désigner des coupables ? S’ils le font, ils courent le risque d’étaler un peu plus leur hypocrisie, de réveiller le monde politique qui, l’émotion passée, s’est à nouveau rendormi. Le combat de Chantal mériterait que le débat soit relancé, mais à mon avis, ils n’oseront pas montrer du doigt les insoumis.
15:45 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Eglise, autopsie, moeurs, hypocrisie
30 mars 2008
Les peuples se réveillent toujours.
En mille huit cent vingts, le salaire journalier d'une ouvrière, lui permet seulement d'acheter deux kilos de pain. Dans une famille de trois enfants, les dépenses d'alimentation représentaient soixante et dix pour-cent du budget, le pain représentant à lui seul entre trente et cinquante pour-cent.
En mille huit cent trente, le chef d'atelier, dans un centre textile de Lyon, reçoit à la fin d'une journée de 15 heures, la somme de trois francs. A charge pour lui de payer chaque compagnon 30 sous et chaque ouvrière 10 sous. Le pain vaut alors 8 sous le kg. On comprend donc la valeur symbolique du pain.
Chaque fois que nous achetons un vêtement "made in China" ou fabriqué en d'autres pays du Tiers-Monde, nous ne nous rendons pas compte que c'est comme si nous cautionnions la société de nos arrière-grands- parents. Notre consommation, notre luxe à bon marché, notre prospérité commerciale, se fondent sur le travail payé au rabais de la classe ouvrière des pays émergents. Il y a là une sorte d'exploitation rampante qui fait la fortune des financiers tout en assurant notre bien-être. Certaines firmes se donnent bonne conscience en refusant l'achat d'articles fabriqués par les enfants-ouvriers. Est-ce là la solution radicale, alors que c'est tout le système qu'il faudrait changer? Vaste utopie!
Mais les choses sont en train de changer. Il y a toujours, parmi ces travailleurs sous-payés, quelques éléments à la fois plus lucides et plus courageux qui parviennent à persuader les autres.
Ainsi les ouvriers roumains de chez DACIA refusent de nous livrer des Logan à 8000 € pour un salaire mensuel de 350 €. Ils veulent plus. Afin que nul ne l'ignore, ils arrêtent les chaînes de fabrication et, malgré les menaces de délocalisation, restent les bras croisés. A mon avis ce mouvement n'est pas près de s'arrêter; il pourrait gagner d'autres pays. Un livre semble-t-il, reste à écrire. Il pourrait s'intituler tout naturellement: "Quand la Chine s'éveillera ...socialement"
15:25 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : peuples, salaire, délocalisation, Logan, pain
25 mars 2008
Le fusible
En électricité "fusible" ne fait plus partie du vocabulaire technique puisque remplacé par le terme "disjoncteur" qui a donné le verbe péjoratif "disjoncter".
Le mot "fusible" pourtant garde son sens positif puisqu'il suggère une fonction protectrice. Le fusible est le fil qui, en cas de court-circuit, fond le premier, protégeant ainsi l'installation électrique de la surchauffe et, du même coup, la maison de l'incendie.
Sous la cinquième République, le premier ministre, par analogie, était considéré comme le "fusible", autrement dit l'homme susceptible de "fondre" ou de "sauter" pour protéger le Président de la République de la crise, voire de l'impopularité. Cela a fonctionné à de multiples occasions et très efficacement jusqu'à ce jour.
Mais aujourd'hui, ce n'est plus le cas. A force de jouer au "bling bling" le Président actuel s'est mis en position de fusible, tandis que son premier ministre profite benoîtement de son sillage.
Pêché d'orgueil, griserie du pouvoir, assurance exagérée de ses capacités d'homme d'état, personnalisation de la fonction: il y a un peu de tout çà à la fois. Tout ceci est fort surprenant car la campagne électorale des présidentielles menée par le candidat Nicolas Sarkozy est un modèle d'anthologie qui laissait augurer un départ prometteur dans sa fonction, du moins pour ceux qui se félicitaient de son élection.
Mais ici comme ailleurs, le mieux est l'ennemi du bien. Au-delà de la faute politique majeure d'avoir voulu marginaliser le premier ministre, le style de l'homme a produit dans tout le pays, toutes opinions confondues, un effet désastreux. A tel point que des maires talentueux, méritants, bons gestionnaires de leur ville, certains héritiers d'une tradition centenaire, se sont vus renvoyer par leurs électeurs, sans ménagement et, hélas pour eux, souvent contre toute logique. Tout ça à cause du "bling bling".
Le président n'est pas un sot; il a très vite compris et tout aussi vite il travaille à rétablir son image. Il met même les bouchées doubles. Trop tard! La première impression est la plus dure à gommer.
Demain, quand le Président de la République montera dans le char doré au côté de Sa Majesté la Reine d'Angleterre, j'ai peur que certains mauvais esprits ne murmurent:"Bling Bling" en carrosse", comme ils diraient:"Tintin sur la lune".
Et il n'y aura plus de fusible protecteur, puisque semble-t-il, depuis le seize mars, il a fondu pour protéger... le premier ministre..
22:45 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Tintin, fusible, République, Sarkozy
23 mars 2008
Il faut que la flamme vacille.
Etant donné ce que la Chine fait subir aux Tibétains, doit-on aller participer aux prochains jeux olympiques?
La question s'était déjà posée en 1936 alors que Hitler était au pouvoir. L'esprit olympique avait finalement triomphé de la barbarie naissante, sans toutefois changer le cours de l'histoire, en battant en brèche la propagande du Reich. Hitler, qui avait voulu profiter de l'occasion pour démontrer la supériorité de la race blanche, reçut cette fois là sa première gifle. Ce fut le festival des athlètes noirs; en particulier de Jesse Owens vainqueur du 100m (devant un Allemand), du 200m, du saut en longueur et qui battit en équipe le record du monde du 4X100.
Aujourd'hui les enjeux sont différents. Les intérêts économiques sont tels qu'aucune nation en vue ne prendra le risque de se mettre à dos les dirigeants chinois. La position de notre ministre des affaires étrangères, qu'on a connu jadis plus engagé pour la bonne cause, est à cet égard significative et Georges Bush montre sa complaisance en faisant savoir qu'il se rendra à Pékin.
Dans le concert des nations, la cause est donc entendue et ce n'est pas quelques défilés de militants convaincus qui changeront le cours des choses. Il ne faut plus se faire d'illusion sur ce début de siècle, ce ne sont plus les nobles idées qui comptent, mais le commerce qui engendre le profit. La société est à l'image de nous, consommateurs de tous poils.
Comment donc aller là-bas sans perdre son âme? A mon avis en jouant sur la situation inconfortable des Chinois. Leurs dirigeants comptent sur la grande manifestation sportive pour renvoyer au monde l'image positive d'une nation moderne en pleine expansion. Ils savent aussi que des gens influents du sport, de la politique, de l'économie, de la presse, vont converger vers eux. Parmi ces derniers, ils se trouvera bien (espérons-le) quelques bonnes volontés capables d'aller de l'autre côté du miroir pour montrer à la face du monde l'envers du décor. Rien n'empêche non plus le vainqueur sur son podium d'adresser un signe fort aux victimes de l'oppression.
Qu'on ne nous présente pas seulement la belle vitrine du conte de fée, mais qu'on mette au grand jour aussi les arrières boutiques moins prestigieuses. Appuyer le doigt sur un point douloureux peut aider au diagnostic de la maladie. C'est hélas! le seul domaine du possible. Si nous ne pouvons rien changer au cours de l'histoire ni au destins des opprimés, faisons comme Jesse Owen: sauvons au moins notre dignité.
18:20 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Owen, olympique, Chine, flamme, jeux
20 mars 2008
Pourquoi viens-tu si tard ?
L'émotion est forte dans tout le pays et, comme toujours, excessive.
Peu importe que Chantal soit morte naturellement de sa maladie ou qu'elle se soit suicidée, le problème reste le même. C'est ce qui s'est passé quelques mois avant sa disparition qui doit nous interpeller.
Nous devrions avoir honte que notre société ait laissé cette femme dans la solitude, non pas face à la mort car elle la souhaitait, mais face à la dégradation, la déchéance et l'insupportable tourment de la maladie. Chantal s'est battue à la fois contre sa maladie et contre l'incompréhension des hommes. Il n'est plus temps de compatir, il fallait le faire avant.
J'observe et j'écoute les commentaires de nos officiels, qui me paraissent bien tièdes. Ils n'entrouvent la porte qu'avec d'infinies précautions, avec une timidité qui ne laisse rien augurer de bon. De nombreux médecins supplient pourtant qu'on leur permette de sortir de la clandestinité. Ils n'en peuvent plus de cette hypocrisie.
Qu'on ne nous fasse pas, comme à chaque fois que la société s'affranchit d'un problème, le coup de la peur des abus. Nous avons chez nous suffisamment de gens compétents et sages pour établir des garde-fous qui ne seront pas des entraves.
Je souhaiterais tant qu'il y ait un "avant" et un "après" Chantal Sébire et que le nom de cette femme d'exception puisse rester dans l'histoire, pour avoir provoqué enfin chez ceux qui sont censés nous représenter, un sursaut d'humanité...
21:15 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : humanité, compatir, déchéance, insupportable, sursaut, Sébire
18 mars 2008
Combat contre des nuls.
Le combat de Chantal Sébire a échoué. Elle n'aura pas droit à " l'acte d'amour " qu'elle réclamait. Dans l'état actuel de notre législation, c'était malheureusement prévisible. Ni le procureur, ni les juges, n'allaient se mettre en travers de la loi. La jurisprudence n'est pas envisageable sur un sujet si grave.
En réalité, le problème est pris à l'envers. Ce n'est pas à la loi qu'il faut s'adresser, mais au législateur.
Or on voit, en réaction à la demande que Chantal a adressée au chef de l'Etat, s'agiter le bal des faux-culs. Cet homme qui nous avait promis la rupture, qui prône encore le courage et la détermination, se défile en préconisant une réunion d'expert. On connaît le principe: créer une commission pour noyer le problème. C'est scandaleux et méprisant.
Les bons esprits nous rétorquent qu'il ne faut pas légiférer dans l'émotion. Mais on ne fait que ça. Dès qu'un évènement suscite l'émotion, on pond une loi en comptant sur l'effet d'annonce pour calmer l'opinion.
Combien "d'émotions" ont précédé le cas de Chantal? Combien d'émotions lui feront suite? Combien de calvaires endurés dans les lieux où l'on meurt et qui ne sont pas médiatisés?
Ainsi d'émotions en émotions, rien ne sera entrepris parce qu' "ils" ont trop peur: peur pour leur siège de député, peur pour leur carrière politique.
Zappatero a défié chez lui l'immobilisme clérical, non pour combattre la religion, mais pour la séparer de l'Etat. Il prouve ainsi que l'Espagne s'affranchit définitivement des séquelles du Franquisme. Cela n'a pas empêché qu'il soit réélu. L'Espagne si en retard prend de l'avance sur nous et cette avance va s'accentuer si nos chers héritiers de la Révolution continuent d'avoir peur des "bien-pensants".
Il est vrai qu'avec le vent qui souffle en ce moment, ils sont tous aux abris.
16:32 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
17 mars 2008
Trompettes mal embouchées...
Un journal satirique bien connu, le rappelait la semaine dernières: "Les gifles, ça marche souvent par deux!" Il est vrai qu'on dit fréquemment:"une paire de gifles!" C'est probablement parce que nous avons deux joues et que la main qui opère, comporte un recto et un verso.
Le neuf mars, ce fut donc le coup du recto et le seize, celui du verso. Et les militants de gauche d'exulter dans les villes conquises. Ainsi, Louis Mexandeau, ancien ministre, a pu dire à propos de Caen où il s'était maintes fois cassé les dents: "La ville était à droite depuis Guillaume le Conquérant!"
C'est vrai que "le retour de balancier" a pris dimanche dernier, l'allure d'un puissant coup de bélier.
Fort bien, pour le jeu démocratique, qui offre donc aux vaincus de la Présidentielle, non pas une revanche, mais une belle compensation.
Attention pourtant aux trompettes victorieuses! Ce combat largement gagné, n'est qu'une fausse victoire, ou plus exactement, une victoire par défaut. La gauche, n'en reste pas moins, structurellement, dans un état pitoyable: rivalités de personnes, absence d'idées, manque de programme pragmatique et opérationnel, manque d'unité des partis avec en plus, du côté des extrêmes, une oppositions radicale, farouche, irréductible.
En conséquence, la gauche aujourd'hui ne sert que d'exutoire aux blessures, aux rancoeurs, aux déceptions. Pour tout dire, c'est le bureau des pleurs. Donc, si elle ne réagit pas, elle se condamne à gagner les municipalités, les départements, les régions, mais à perdre à tous les coups au national, par manque de crédibilité. La paire de gifles, c'est peut-être plus vexant, mais ça fait moins de mal que le coup de pied au derrière si bien ajusté au cours d'un certain mois de mai.
Alors si les trompettes de la victoire sont fort agréables aux oreilles des vainqueurs, demain, mal embouchées, elles pourraient bien leur rejouer la Marche funèbre de Chopin.
19:08 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
16 mars 2008
Erreur sur "Ils ont voté...jadis"
A la suite d'une erreur de manipulation le texte de "Ils ont voté...jadis" ne peut être lu.
Pour lire cet article dans son intégralité aller à:
http://blogs.aol.fr/fcharlesfer
avec mes excuses!
17:33 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
15 mars 2008
Ils ont voté...jadis
Horreur de la guerre.jpg (Cliquer ici)
14:36 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
11 mars 2008
Après la fracture...la facture!
Les élections dans les grandes ou moyennes villes répondent me semble-t-il à plusieurs critères:
Pour un tiers il s'agit de la personnalité du maire (ou du candidat), de son comportement personnel;
pour un tiers, les électeurs se préoccupent du projet (amélioration du cadre de vie, rues, crêches, écoles);
pour un tiers, on s'attache aux considérations politiques;
pour un tiers encore, il y a le déroulement de la campagne, ce théâtre d'ombres ou l'on joue tragédie ou comédie suivant qu'on se trouve à Paris ou à Marseille.
Celà fait quatre tiers?
Comme dirait César, celà dépend de la grosseur des tiers.
En résumé tout ceci m'aurait paru bien terne s'il n'y avait eu un candidat pour inventer la machine à serrer les mains (Je le salue au passage s'il a l'occasion de me lire encore). Il aurait été le bienvenu chez nous pour animer un peu plus la campagne homérique d'un village grand comme un mouchoir de poche avec ses soixante cinq inscrits et son conseil municipal de neuf membres. Il y a un mois, effervescence soudaine à l'ombre du clocher: deux listes ( à peu près du même bord ) sont annoncées. Un électeur sur quatre est candidat. Réunions secrètes, campagne sourde, menaçante, sournoise, au ras des pâquerettes. On s'épie, on se médit, on se calomnie, on se hait. C'est soudain la fracture sociale sur la surface d'un confetti.
Un côté positif pourtant: le civisme quasi absolu. Soixante votants (92,3 pour cent), soixante exprimés. Tous les candidats d'une même liste, à mon avis la plus sérieuse et la plus solide, élus à soixante pour cent. Comme m'a dit un vainqueur:"Ce fut historique".
Et la fracture sociale, elle, va sûrement durer plus longtemps encore que celle de Chirac. C'est la facture non soldée!
19:46 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : élections, électeur, politique, projet


