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23 février 2008
Démocratie et symboles
Notre vieille République est attachée à ses symboles et les électeurs, bien qu'ils s'en défendent, sont très sensibles à leurs valeurs. Monsieur le Président, pour avoir voulu "désacraliser" sa fonction, paie le prix de cette erreur dans le baromètre des sondages comme Giscard avait mordu la poussière en partie pour avoir trafiqué La Marseillaise.
A mon avis le symbole républicain qui recouvre tout, c'est la Justice, parce qu'elle est le dernier recours du citoyen. Or je trouve que les Français ne sont pas assez attentifs au fonctionnement de "leur" Justice, et que ce fonctionnement ou disfonctionnement ne les affecte réellement que lorsqu'ils sont concernés.
Le constat célèbre du bon Jean de La Fontaine ("suivant que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir") s'il est pessimiste et malheureusement toujours et encore d'actualité, n'est pourtant pas une fatalité dont on ne saurait sortir.
Bien sûr le pouvoir, quel qu'il soit, utilise largement certains magistrats du Parquet par l'intermédiaire de la Chancellerie, pour se prémunir de la foudre en cas de dérapage. Mais cette accointance des politiques et de la justice est largement contrebalancée par le courage de la grande majorité des magistrats du siège et en particulier de celui des juges de la nouvelle génération.
On se souvient du juge iconoclaste qui avait eu l'effronterie de convoquer dans son cabinet un Président en exercice. Avec les Tibéri l'affaire prend une tournure beaucoup plus savoureuse. Voilà un couple prévenu de fraude électorale depuis bientôt onze ans et qui, pendant tout ce temps, a été protégé (les deux mots sont du Canard) par un "airbag judiciaire". Il se trouve que deux juges, lassés d'attendre et d'être promenés par des arguties, envoient les Tibéri devant le tribunal contre l'avis du procureur et cela en pleine campagne électorale. C'est ce qu'on appelle replacer le problème dans son contexte.
Saluons donc le courage objectif des juges, celui-ci va dans le bon sens . Indépendamment de toute considération partisane, tant mieux si les gens en question sont battus, surtout si la preuve est établie que c'est bien là qu'ils ont fauté.
Onze ans pour un bout de vérité qui n'est pas un crime, c'est sacrément plus confortable que les quatre jours nécessaires à peine pour juger en comparution immédiate un voleur de scooter. Mais comme dirait encore le fabuliste:"Patience et longueur de temps valent mieux que force ni que rage."
17:55 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Justice, Parquet, Siège, juge, procureur, fraude, symbole


