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15 février 2008

Un projet sorti du chapeau.

Un projet sorti du chapeau.

Madame Albanel, ministre de la culture, ne méritait pas ça. Cette personne si distinguée, si cultivée et, je le crois, intellectuellement honnête, se trouve dans une situation fort embarrassante et même, à bien des égards, intenable.
Le président de la République, au cours de sa dernière conférence de presse, a sorti de son chapeau une réforme d’importance qui la concerne directement et dont, semble-t-il, elle ignorait tout : la suppression de la publicité dans les radios et les chaînes de télévision publiques.
Aucune concertation donc , aucune étude préalable, pas davantage de moyens précis de financement : bref, le fait du prince.
Mais maintenant que la chose est lancée, un peu comme on crache en l’air, la pauvre ministre a en charge d’assumer le suivi d’un dossier dont elle ignore jusqu’à la trame. Aussi, l’autre soir, sur antenne 2, face à David Pujadas et Hervé Bourges, n’a-t-elle pu avancer que ses bonnes intentions à elle (dont on ne doute pas, mais dont on peut se demander ce qu’elles valent) assortis de quelques arguments lénifiants, c'est-à-dire rien de concret.
Pourtant, monsieur Bourges surtout, soulevait un problème important qui à lui seul mérite un débat : la garantie de l’impartialité de l’information.
L’Etat, devenu maître absolu du financement, ne va-t-il pas en profiter pour faire pression sur l’information, menaçant ainsi son objectivité ?
Dans le contexte actuel, il est permis de se poser la question. Certains journalistes ou rédacteurs de la presse écrite, sont déjà bien placés pour savoir qu’il ne faut pas franchir la ligne jaune.
Alors, s’il est légitime de demander un financement harmonieux, il est aussi prudent d’exiger de solides garanties concernant l’indépendance des journalistes.
Il faudra donc que ceux qui on en charge de veiller sur la démocratie suivent cette affaire, certes sans à priori ni procès d’intention, mais avec une grande vigilance.

Commentaires

Vous soulevez deux questions essentielles : celle des décisions "fait du prince", sachant qu'une heure après il passe à autre chose... et celle de l'indépendance de l'information. Elle est déjà si malade cette indépendance si on se souvient des campagnes électorales...Alors comment peut-on préserver cette indépendance sans pour autant dépendre des recettes pub ? C'est une vraie et bonne question. Y aurons nous une bonne réponse, c'est une autre paire de manche ! mais ça doit être possible si c'est indépendant des services de l'Etat ?

Ecrit par : la calmette | 15 février 2008