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27 février 2008

Les belles gaffes!

Les puissants ont de tout temps été observés à la loupe . Aussi, plus ils étaient célèbres, plus leurs gaffes prenaient de l'ampleur. Certaines même ont traversé les siècles.

Charles Maurice de Talleyrand avait épousé une fort jolie personne native de Pondichéry. Comme on demandait à cette dernière son pays d'origine, la belle enfant répondit avec son plus beau sourire:"Moi, je suis d'Inde!"

Ce qui fit dire à Madame d'Abrantès:"Cela, ma chère, tout le monde s'en était aperçu!"

On entendit la mère de Napoléon soupirer d'un fort accent corse alors que son fils accédait à la plus haute fonction : "Pourvu qué ça doure!".

Enfin Mac Mahon, valeureux soldat mais piètre orateur, visitant une ville inondée ne sut que répondre aux journalistes: "Que d'eau! Que d'eau!"

On pourrait ainsi mutiplier les exemples à l'infini.

Aujourd'hui, si le ridicule ne tue plus, il peut causer d'importants dégâts encore. Femmes et hommes publics ont donc appris à s'en méfier comme de la peste. Leurs discours sont rarement improvisés et lorsqu'ils doivent improviser, ils ont dans leur escarcelle toute une panoplie de phrases stéréotypées qu'ils adaptent aux circonstances.

Oui mais voilà, on n'arrête pas le progrès:

"Ah! la salope..." : Qui a dit ça?...Un haut personnage de la République, un de ceux justement que l'on prend rarement en défaut.

"Les enseignants...trente cinq heures!" Qui a dit ça? quelqu'un plein de " bravitude" qui a brigué la plus haute fonction.

"Casse-toi...pauvre con!" Qui a dit ça? Quelqu'un qui occupe déjà la plus haute fonction et qui, pour une fois, n'avait pas recours à son plumitif.

Il va falloir s'adapter, sinon la galerie n'a pas fini de rire.

26 février 2008

La folie du profit.

La chute du mur de Berlin, conséquence directe de l'effondrement du régime communiste en Union Soviétique, n'a pas été seulement le phénomène historique de libération des peuples de l'Est. Ses conséquences économiques sont autrement plus retentissantes et leurs effets pervers plus incalculables. En effet la faillite du système soviétique a laissé place nette au capitalisme vainqueur et triomphant. Or tout pouvoir qui n'a pas de contre-pouvoir est rapidement amené à commettre des excès. Mondialisation, fonds de pension, mouvements spéculatifs, volatilité des capitaux, affolent les marchés, dérèglent les économies. L'appétit des actionnaires oblige l'industrie traditionnelle à se positionner dans les bassins où la main d'oeuvre est docile et peu exigeante.
La folie du profit s'est emparée du monde.
Du coup, les gouvernements qui jusque là prônaient le libéralisme comme la panacée, subissent un coup de froid. L'interventionnisme de l'Etat redevient à la mode.
Ainsi, le très libéral Royaume Uni se voit contraint de nationaliser la banque Nothern pour la sauver de la crise des "surpprimes" et le gouvernement français inquiété par Mittal d'une part, tente timidement de surveiller l'envolée des prix à la consommation d'autre part.
On s'aperçoit soudain que la concentration des pouvoirs économiques aboutissent à des monopoles qui font la loi, qui se substituent au pouvoir politique, quand ils ne s'entendent pas sur le dos du consommateur comme dans les services téléphoniques.
Il est temps de se reprendre, d'organiser, de canaliser les mouvements de fonds d'une économie mondiale qui nous conduit au désastre. Vaste chantier! qui doit être mené par des hommes nouveaux, des idées neuves, des forces nouvelles, des intelligences lucides.
La sagesse ne sera-t-elle pas victime, une fois de plus, des égoïsmes nationaux?
Faudra-t-il encore une nouvelle catastrophe pour faire comprendre aux hommes la folie qui les habite?

23 février 2008

Démocratie et symboles

Notre vieille République est attachée à ses symboles et les électeurs, bien qu'ils s'en défendent, sont très sensibles à leurs valeurs. Monsieur le Président, pour avoir voulu "désacraliser" sa fonction, paie le prix de cette erreur dans le baromètre des sondages comme Giscard avait mordu la poussière en partie pour avoir trafiqué La Marseillaise.

A mon avis le symbole républicain qui recouvre tout, c'est la Justice, parce qu'elle est le dernier recours du citoyen. Or je trouve que les Français ne sont pas assez attentifs au fonctionnement de "leur" Justice, et que ce fonctionnement ou disfonctionnement ne les affecte réellement que lorsqu'ils sont concernés.

Le constat célèbre du bon Jean de La Fontaine ("suivant que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir") s'il est pessimiste et malheureusement toujours et encore d'actualité, n'est pourtant pas une fatalité dont on ne saurait sortir.

Bien sûr le pouvoir, quel qu'il soit, utilise largement certains magistrats du Parquet par l'intermédiaire de la Chancellerie, pour se prémunir de la foudre en cas de dérapage. Mais cette accointance des politiques et de la justice est largement contrebalancée par le courage de la grande majorité des magistrats du siège et en particulier de celui des juges de la nouvelle génération.

On se souvient du juge iconoclaste qui avait eu l'effronterie de convoquer dans son cabinet un Président en exercice. Avec les Tibéri l'affaire prend une tournure beaucoup plus savoureuse. Voilà un couple prévenu de fraude électorale depuis bientôt onze ans et qui, pendant tout ce temps, a été protégé (les deux mots sont du Canard) par un "airbag judiciaire". Il se trouve que deux juges, lassés d'attendre et d'être promenés par des arguties, envoient les Tibéri devant le tribunal contre l'avis du procureur et cela en pleine campagne électorale. C'est ce qu'on appelle replacer le problème dans son contexte.

Saluons donc le courage objectif des juges, celui-ci va dans le bon sens . Indépendamment de toute considération partisane, tant mieux si les gens en question sont battus, surtout si la preuve est établie que c'est bien là qu'ils ont fauté.

Onze ans pour un bout de vérité qui n'est pas un crime, c'est sacrément plus confortable que les quatre jours nécessaires à peine pour juger en comparution immédiate un voleur de scooter. Mais comme dirait encore le fabuliste:"Patience et longueur de temps valent mieux que force ni que rage."

20 février 2008

Grande i libre

Grande i libre

Alors que la campagne électorale bat son plein en Espagne, le Premier Ministre espagnol, Luίs Zapatero à fait parvenir par l’intermédiaire de son ambassadeur au Vatican, une vigoureuse protestation auprès du Saint Siège. Les prélats espagnols ont pris l’habitude ces derniers temps de monter en chaire pour recommander à leurs ouailles de voter pour des candidats "convenables ».
Le clergé de la très catholique Espagne garde en travers de la gorge certaines lois votées par la majorité au parlement, en particulier celle autorisant le mariage des homosexuels et celle permettant l’interruption volontaire de grossesse.
C’est l’éternelle opposition de la pensée dogmatique et du mouvement libertaire, de ce qui est donné contre ce qui est acquis. La pensée dogmatique se veut contraignante, elle a l’ambition de s’imposer à tous, alors que la loi permissive libère d’un problème ceux qui le souhaitent, en respectant ceux qui ne le souhaitent pas.
Personne n’oblige une jeune fille à se faire avorter si elle est intimement convaincue qu’elle attente à la vie ; mais combien d’autres à côté, éviteront l’aiguille à tricoter et les risques d’une septicémie ?
J’entends encore Sœur Emmanuelle répondre simplement à un journaliste qui lui faisait remarquer qu’être pour le préservatif, c’était désobéir au Pape : « Je suis en paix avec moi-même »
L’Eglise a parfaitement le droit de s’opposer à certaines lois qui heurtent ses principes, de le faire savoir aux chrétiens. Il y a de fortes chances pour que dans la masse des pratiquants les ultras aient à leur tour une attitude de refus. Mais de là à entrer de front dans la campagne électorale…Il y a des limites qu’une religion ne peut franchir. On voit partout trop de souffrances lorsque la religion se substitue à la politique. La séparation de l’Eglise et de l’Etat est un principe fondamental qu’il faut préserver.

19 février 2008

Philosophie et politique

"La guerre, c' est une chose trop grave pour qu'on la confie à des militaires."

Je reprendrai cette boutade de Georges Clémenceau pour la parodier à propos de la politique:

"La politique est une chose trop grave pour qu'on la confie à des politiciens" Sauf que pour moi, cette dernière phrase n'est pas une boutade.

On a beau lire tous les livres d'histoire récente, quels qu'en soient leurs auteurs, on aboutit toujours à la même conclusion: chaque fois que les politiques ont voulu construire une société, suivant leur seule vision, ce fut un désastre.

Hitler voulait une société à son image, Staline, à l'opposé voulait la sienne. Pour bâtir chacun son modèle en étant persuadé qu'il était le meilleur pour les hommes, ils n'ont fait appel ni à l'intelligence, ni à la concertation, ni au libre-arbître, ni au valeurs universelles, ils ont utilisé tous les deux la force brutale. Résultat, leurs deux systèmes pourtant antagonistes sur le fond (mais non sur la forme) se sont rejoints dans l'échec, sur des montagnes de cadavres.

On ne fait pas progresser l'humanité avec des fusils mais avec de grandes idées, avec des utopies, sans se préoccuper en général des pesanteurs sociologiques. Et ça, même s'il n'est que théorique, c'est le travail des grands écrivains, des grands penseurs, des grands philosophes! Les valeurs fondamentales de notre République dont nous jouissons aujourd'hui nous ont été données par les philosophes des Lumières. Les hommes politiques inspirés n'ont fait (et c'est beaucoup!) que les appliquer. Il est édifiant que ce ne soit pas Jean Jaurès , pourtant grande conscience, qui ait écrit "J'accuse", mais Zola à qui les politiques vouèrent tant de haine. Chacun son rôle, les grands penseurs sont les premiers gardiens du temple.

Victor Hugo , bien qu'il ait été député, ne déroge pas à la règle. S'il est monté à la tribune, ce n'est pas avec des intentions électoralistes, mais pour provoquer en lançant des idées qu'il savait en avance sur son époque: séparation de l'Eglise et de l'Etat, instruction gratuite et obligatoire, suppression de la peine de mort, Société des nations etc... Il y avait de quoi faire hurler une chambre ultra conservatrice. On sait que tout se termina par la brouille avec "Napoléon le petit" et par l'exil dont il ne voulut pas revenir (malgré l'amnistie) tant que l'empereur serait en place.

Aujourd'hui, ce n'est pas parce qu'on est allé chercher Edgar Morin que l'on me fera croire que nous avons de grands intellectuels de cette trempe, capables de nous montrer la route. J'en vois quelques uns qui, se prenant pour tels, viennent pérorer à la télévision sans être bien convaincants. Il n'est pas étonnant que tout le monde patine. Nous n'avons pas de pétrole, nous n'avons pas d'idées non plus.

Sans vouloir faire un parallèle avec les exemples que je citais plus haut (ce qui serait non seulement déplacé, mais monstrueux) je note cependant une fâcheuse dérive des pratiques politiques à s'occuper à nouveau de ce qui ne les regarde pas:

L'amorce d'une nouvelle civilisation, les convictions laïques ou religieuses, la culture du souvenir etc...

Donnez aux petits Français les moyens d'apprendre à lire, ils auront toute leur vie pour cultiver le souvenir dans les livres d'histoire. Il est là, votre boulot!

Quand à ceux qui douteraient de la capacité des Français, toutes opinions confondues, à défendre leurs valeurs, laïques ou religieuses, progressistes ou conservatrices, qu'ils se collent à Antenne2 (interdit aux moins de dix ans! M. le Président!) ils pourront se faire une opinion sans qu'on ait besoin de leur seriner ( à mon avis scandaleusement) les sentiments intimes d'un gosse de seize ans qui sait qu'il va mourir dans quelques heures.

15 février 2008

Un projet sorti du chapeau.

Un projet sorti du chapeau.

Madame Albanel, ministre de la culture, ne méritait pas ça. Cette personne si distinguée, si cultivée et, je le crois, intellectuellement honnête, se trouve dans une situation fort embarrassante et même, à bien des égards, intenable.
Le président de la République, au cours de sa dernière conférence de presse, a sorti de son chapeau une réforme d’importance qui la concerne directement et dont, semble-t-il, elle ignorait tout : la suppression de la publicité dans les radios et les chaînes de télévision publiques.
Aucune concertation donc , aucune étude préalable, pas davantage de moyens précis de financement : bref, le fait du prince.
Mais maintenant que la chose est lancée, un peu comme on crache en l’air, la pauvre ministre a en charge d’assumer le suivi d’un dossier dont elle ignore jusqu’à la trame. Aussi, l’autre soir, sur antenne 2, face à David Pujadas et Hervé Bourges, n’a-t-elle pu avancer que ses bonnes intentions à elle (dont on ne doute pas, mais dont on peut se demander ce qu’elles valent) assortis de quelques arguments lénifiants, c'est-à-dire rien de concret.
Pourtant, monsieur Bourges surtout, soulevait un problème important qui à lui seul mérite un débat : la garantie de l’impartialité de l’information.
L’Etat, devenu maître absolu du financement, ne va-t-il pas en profiter pour faire pression sur l’information, menaçant ainsi son objectivité ?
Dans le contexte actuel, il est permis de se poser la question. Certains journalistes ou rédacteurs de la presse écrite, sont déjà bien placés pour savoir qu’il ne faut pas franchir la ligne jaune.
Alors, s’il est légitime de demander un financement harmonieux, il est aussi prudent d’exiger de solides garanties concernant l’indépendance des journalistes.
Il faudra donc que ceux qui on en charge de veiller sur la démocratie suivent cette affaire, certes sans à priori ni procès d’intention, mais avec une grande vigilance.

14 février 2008

La putain

Pour illustrer ma note précédente, je vous propose, en toute modestie, cette poésie:



La Putain.

Le jour s'en va comme un voleur,

La rue s'éteint, se met en berne,

La ville triste et sa rumeur

Se concentrent sous la lanterne.

Douce, furtive, une ombre du soir,

Dont on voit bien qu'elle est humaine,

Comme un fantôme de trottoir

Glisse, hésite, puis se traîne.

C'est une fille du sabbat,

Née de Sodome et Gomorrhe,

Dont les bruyants ébats

Se prolongent jusqu'à l'aurore.

Cri donc de tous les gens de bien

Que ces tristes amours dérangent:

"Arrêtez-moi cette putain!

Que la police s'en arrange."

Et Colombine sans Pierrot,

Honte de leurs nuits blanches,

Se retrouve au cachot

Sans pouvoir jouer des hanches.

Qui ramassera sur la grève

Ce bel ange du désir,

Venu de l'Est pour vivre un rêve,

Que notre Eldorado s'acharne à flétrir?

Toi! la belle bourgeoise,

La Joconde pincée,

Qui lui cherche des noises

D'un oeil si courroucé?

Ou toi, la Pénélope,

Qui brandis la loi?

Ne seriez-vous pas plus salopes

Que la fille de joie?

Les trois couleurs de notre France

Flottent aussi pour la putain.

En dépit de sa déchéance

Elle reste encore un être humain.

C.F.

13 février 2008

Un très vieux métier

Un très vieux métier.


Qui ne se souvient de maître Cornille, le meunier d'Alphonse Daudet, prêt à tous les mensonges pour sauver son moulin? Pour la beauté de l'histoire, maître Cornille a eu sa rémission. Cela n'a pas empêché pour autant les vieux moulins à vent qui gesticulaient dans nos campagnes, de mourir, l'un après l'autre, tués par l'industrie minotière.

De la même manière ont disparu ces vieux métiers qui faisaient le charme de nos villages: charron, bourrelier, forgeron, savetier, rémouleur etc...

Il y a néanmoins un métier bien plus ancien qui résistera à toutes les nouvelles économies, à tous les bouleversements de société, c'est celui qu'exercent les belles de nuit essentiellement dans nos villes. La clientèle se renouvelle trop bien et lui garde une "fidélité" particulièrement tenace. Tous les cabossés de la vie, les blessés de l'âme, tous ceux qui sont nés sous le signe de la misère sexuelle, sans compter ces fêtards en goguette que leurs chères épouses croient naïvement dans un congrès important: tout cela fait beaucoup de monde.

Pourtant le plus vieux métier de l'humanité ne manque ni de détracteurs ni d'ennemis acharnés qui utilisent toutes les armes possibles pour le détruire.

La morale d'abord, celle en vogue chez cette catégorie de bien-pensants qui ont coutume de décider à la place des autres ce qui est bien ou mauvais pour eux. Donc haro sur la putain! Oui, mais voilà, l'Evangile dit: "Que celui qui n'a point pêché, lui jette la première pierre." Elle est bien gênante, cette parole d'évangile! Il y a encore ces empêcheurs de punir en rond qui affirment, sans ambages, que la différence entre la dame patronnesse habillée chez Dior et la pauvre fille des trottoirs est juste le fruit du hasard de la naissance. Et l'ami Georges Brassens d'enfoncer le clou:

" Il s'en est fallu de peu mon cher,

Que cette putain là ne fût ta mèr' "

La morale ne fait pas le poids!

La loi alors! Marthe Richard, en son temps avait donné le bon exemple. Vite qu'on nous concocte un vigoureux "délit de raccolage" afin qu'on puisse punir à tour de bras et chasser les "marchandes" du temple.

Manque de chance pour la loi, monsieur le directeur de cabinet de monsieur le Premier ministre, donc au premier rang des poufendeurs du commerce de charme, se fait surprendre très officiellement en compagnie d'une drôlesse.

Par delà le ridicule de la situation, c'est tout un symbole qui s'affiche. La loi non plus ne fera pas le poids.

( à suivre )

08 février 2008

La campagne en chantant...

La campagne en chantant...


Hillary Clinton, candidate à l'investiture du Parti Démocrate, opposée à Barack Obama a eu ces jours-ci, à l'adresse de son adversaire, cette phrase que je trouve merveilleuse:

"On fait sa campagne en vers, mais on gouverne en prose"

En cette nouvelle période électorale ou les candidats rivalisent de promesses, j'invite les électeurs à bien la méditer.

Personnellement deux campagnes électorales m'ont profondément marqué et me semblent dignes de figurer dans les anthologies:

Celle de François Mitterrand en mille neuf cent quatre vingt un ainsi que celle de Nicolas Sarkozy.

François Mitterrand avait promis de "changer la vie" ; et de pourfendre le "grand capital" , de s'attacher le "peuple de gauche". Son gouvernement Maurois a lâché quelques mesures contenues dans les promesses: augmentation du smic, cinquième semaine de congé, retraite à soixante ans, trente-neuf heures de travail hebdomadaire payées quarante, traitement social du chômage; mais rapidement les réalités l'ont rattrapé, il a fallu rétropédaler, les caisses se vidaient à une vitesse vertigineuse. La mesure qui finalement marquera le septennat est celle qui ne coûtait rien: la suppression de la peine de mort contre l'opinion majoritaire des Français. Comme quoi il ne faut pas trop vilipender les hommes politiques. Ce n'est pas la bonne volonté ni le courage qui leur manque, mais les moyens.

Avec Nicolas Sarkozy, nous avons eu droit au prince des poètes. Ses discours préparés, ciselés par une plume talentueuse entièrement à son service ont fait rêver de l'extrème droite à la gauche modérée. Blum, Jaurès, la défense du pouvoir d'achat, le plan banlieue: voilà pour la gauche. L'ordre, la poursuite des déliquants, les peines plancher, le karcher, propos sur l'eugénisme, voilà pour la droite et le F.N. . Quant au franchouillard fleur bleue, on l'a invité au "rêve français". Bien servie, avec d'aussi friands croûtons, cette bouillabaisse a bien rassasié l'électeur. Mais aujourd'hui première arête: le pouvoir d'achat!

"Je défendrai le pouvoir d'achat": voilà pour les vers.

"Les caisses sont vides": voilà pour la prose.

Permettez-moi de terminer par les vers d'authentiques poètes pour illustrer malicieusement la campagne électorale( côté pile )et l'exercice du pouvoir (côté face).

Côté pile:"Poète prend ton luth et me donne un baiser!"

Côté face:" J'ai peur d'un baiser, comme d'une abeille."

La peur mal orientée.

La peur mal orientée.


La peur est un sentiment salutaire qui amène les hommes à la prudence. Quand elle est excessive ou à propos de tout et de rien, on tombe dans la pusillanimité.

Les historiens font état des grandes peurs du Moyen âge et particulièrement de celle qui saisit les hommes autour de l'an mille avec la crainte de la fin du monde annoncée.

Ces peurs étaient surtout provoquées par les grandes épidémies de peste qui faisaient des ravages et contre lesquelles on était impuissant.

Sommes nous sûrs d'être à l'abri des grandes peurs? N'y a-t-il pas à périodes régulières des vents de panique amplifiés par les médias?

Pour moi l'exemple le plus frappant est celui de la grippe aviaire dont on nous a rebattu les oreilles au point de nous pousser à ne plus consommer de volaille. La catastrophe était à nos portes, la pendémie venait de l'Orient, elle avançait à grandes enjambées sur des montagnes de cadavres. Alors confinement des élevages, interdictions en séries, commande de masques de protection respiratoire et, tenez vous bien, recensement en catimini par des préfets pleins de zèle, des places libres dans les cimetières.

C'est bien malheureux pour les paysans éleveurs qui ont attrapé cette fameuse grippe, transmise exceptionnellement de la bête à l'homme, mais on a recensé dans le monde, en tout deux cent vingt trois décès. Autrement dit beaucoup de bruit pour un danger mineur.

En revanche j'accuse les organisations mondiales et les gouvernements des pays riches surtout, de ne pas cultiver, amplifier, maintenir, la peur extrème du S.I.DA.

Le Sida est une pandémie qui sévit à l'échelle mondiale, plus particulièrement dans les pays pauvres qui n'ont pas les moyens de se payer les traitements coûteux nécessaires aux malades. Alors tout va à vau l'eau et la contamination part en cascade, galope, s'étend.

Le chiffre des victimes est effrayant. Rien qu'en Afrique il se solde par plus de deux millions par an. En Afrique du Sud, où les ghettos noirs sont infestés, l'espérance de vie est passée en dix ans de soixante et un an à quarante- sept ans. C'est terrifiant et pourtant, que je sache, personne ne s'affole.

Il est vrai que la peur est aussi un sentiment qui n'obéit pas à la raison.

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