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28 janvier 2008

Editeurs ou crocodiles.

Editeurs ou crocodiles (première partie)


Le monde de l'édition est victime du succès d'une mode, mais surtout, des "forces" de l'argent:

Succès d'une mode:

De plus en plus de Français ont l'ambition (légitime) d'écrire un ouvrage: roman, poésie, mémoires, tous les genres sont bons. Cela me paraît être le signe d'une bonne santé et, du point de vue intellectuel, me semble assez réconfortant. Bien sûr il y a ceux qui rêvent secrètement du succès littéraire et donc de faire fortune; ils finiront un jour par déchanter. Alors laissons les rêver encore un peu...Puis il y a les gens comme moi qui, pour meubler leurs loisirs, ont choisi de s'adonner à une activité passionnante qui enrichit l'esprit.

Mais à la sortie, au total, cela fait beaucoup de manuscrits (on dit maintenent tapuscrit) qui souhaitent se transformer en beaux livres. Un petit éditeur avoue en recevoir en moyenne cinq cents par mois. Quand on sait l'investissement qu'il doit consentir à ses risques et périls, on comprend qu'il n'en retienne qu'un sur mille, même si les autres sont bien écrits. Les éditeurs submergés par cette masse de littérature ne répondent plus aux sollicitations ou renvoient les tapucrits (moyennant paiement des frais de port) sans les lire. Les recalés, parfois de qualité, vont donc grossir l'imposante masse des déçus pris dans un goulet d'étranglement. Il y a là un immense gâchis d'efforts, de qualités intellectuelles, de talents. Dans des conditions pareilles, Françoise Sagan aurait-elle pu percer?

"Forces de l'argent"

Mais certains, qui se réclament de la profession, sont moins clairs et moins regardants que les éditeurs sérieux. Eux ne refusent aucun tapuscrit. Quelques jours après l'envoi de son ouvrage, l'auteur reçoit une belle lettre l'informant que "le comité de lecture" a bien voulu donner avis favorable à sa diffusion. Seule ombre pour l'heureux promu, le contrat qui lui est proposé stipule qu'il doit verser une participation ( pour composition de maquette) de deux à quatre mille euros...seulement. Le naïf qui se laisse prendre à cette manoeuvre peut dire adieu à son argent: retour sur investissement, zéro! Seul le pseudo éditeur a fait son beurre. Le livre sortira, naturellement (cinquante exemplaires à tout casser) mais sans la logistique commerciale qu'on a fait miroiter.

J'ai le souvenir d'un brave homme quidédicaçait son bouquin à la porte d'un espace culturel de supermaché. Il avait "casqué" le pauvre, mais son éditeur ne lui avait pas encore envoyé le nombre d'exemplaires promis pour le jour du lancement. Il avait dû puiser dans le contingent de livres qu'il avait acheté et que, malgré "la ristourne", il avait payé deux fois.

(à suivre)

22:20 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Editions