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26 janvier 2008
Le retour d'une étoile
Je vais avoir soixante-dix ans: l'âge du crépuscule; l'âge ou les projets d'avenir se diluent dans l'incertitude et où seuls résistent, dans le sillage d'une vie, une cohorte de souvenirs.
Que faire de ces matins frileux, de ces soirées maussades qui, si l'on n'y prend garde peuvent vous conduire au naufrage? Continuer à vivre ne me suffit pas. Et si je me traçais au loin un nouvel horizon avec au dessus une brillante étoile vers laquelle aller?
On n'atteint jamais une étoile, mais il est bon de la regarder car elle n'est pas seulement le point de repère d'un navigateur, mais elle peut être aussi le départ d'une espérance.
Quand j'avais dix sept ans j'ai dit à mon père:"Je veux être écrivain!". Mon père, qui était un paysan de bon sens avec les bonnes bases du certificat d'études primaires, m'a regardé, un sourire dubitatif sur les lèvres. Sans doute songeait-t-il à Victor Hugo, son favori, son idole, et conscient de la médiocrité de mes résultats scolaires, se remémorait-il le fameux vers de Ruy Blas:"un ver de terre, amoureux d'une étoile".
Je n'ai donc pas été écrivain. Je suis entré dans l'enseignement presque banalement, puis je me suis dispersé dans la politique pendant trente ans.
Pourtant un soir, elle est revenue, mon étoile, sans que j'aie eu besoin de la solliciter. D'abord pâle et diaphane, timide et hésitante, elle a fini par s'installer, puis à croître en intensité lumineuse de jour en jour.
Alors je me suis dit:" à mon âge, le ridicule n'aura pas le temps de me rattraper" et mes mains se sont mise à courir sur le clavier pour traduire mes rêves. Malhabiles, elles n'arrivaient plus à suivre, car ils surgissaient en bataillons serrés, se bousculaient, se disputaient la première place, comme s'ils attendaient, contenus derrière une digue, depuis mes dix sept ans.
Le fruit mûr est tombé de mon arbre: un roman:"Sur le chemin de Bételgeuse"
Bételgeuse! c'est tout simplement l'étoile la plus brillante de la constellation d'Orion.
C. F.
11:05 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Commentaires
a 70ans tu es dans la place et je t'aime
Ecrit par : fabien | 28 janvier 2008


