12.06.2008
L'art de creuser sa tombe
Il y a belle lurette que je ne regarde plus l'information sur TF1, que je ne regarde plus du tout TF1 d'ailleurs (sauf le matchs de foot). Je n’ai donc pas de raison de m’apitoyer sur le sort de Poivre d’Arvor qui faisait partie du système ; sauf que la façon dont il a été remplacé m’interpelle. Il y a un peu du fait du prince là-dessous.
Rappelons que la chaîne de télévision privée appartient à Martin Bouygues, bétonneur de renom et grand ami du président de la République. Rien d’étonnant donc que l’information y soit verrouillée par le pouvoir. Deux nominations l’attestent : celle de M. Solly, directeur adjoint de campagne propulsé à l’état-major et celle de M Dassier, « ami de vacances » promu directeur de l’information. C’est de bonne guerre, direz-vous. De là à pratiquer l’arbitraire, un pas inquiétant me semble avoir été franchi. Lors d’un entretien télévisé avec le chef de l’état, le journaliste aurait posé une question un peu trop impertinente qui aurait blessé un certain ego surdimensionné. Le message est clair : à l’avenir, en pareille circonstances, les journalistes, qui déjà se tiennent au garde à vous, n’ont plus qu’à se coucher. Comme la suppression des ressources publicitaires rend plus dépendantes encore les chaînes publiques, on se demande déjà si, pour avoir des informations dignes de ce nom, il ne faudra pas un jour prochain se tourner vers les chaînes étrangères ou comme dans les années soixante vers radio suisse romande.
Mais ces agissements peu élégants ont le revers de la médaille. On ne prend pas les publics pour des idiots impunément. Quand la ficelle est trop grosse, ils s’en aperçoivent.
D’abord la mainmise du pouvoir sur l’information n’est pas un gage de durée. On a vu des élections se perdre après un matraquage intensif. L’électeur aujourd’hui vote plus en fonction de ce qu’il ressent qu’en fonction de ce qu’on lui suggère. On l’a bien vu lors du dernier référendum.
Ensuite ce n’est pas parce qu’on privilégie une chaîne en s’arrangeant pour transférer dans son escarcelle un maximum de recettes publicitaires au détriment des chaînes publiques qu’on va forcément la sauver de ses déboires financiers. J’aurais tendance à croire pour ma part que c’est plutôt un cadeau empoisonné. A force de programmes médiocres, de jeux à faux suspense, de fabrications artificielles de fausses vedettes, de mépris de la création de bonne tenue, de compromission outrancière avec le pouvoir, la chaîne creuse sa tombe en engageant les « temps de cerveau disponibles » à aller voir ailleurs. Impossible pour les bonnes volontés qui demeurent encore de redresser la barre, trop de mauvaises habitudes ont été données à la voracité des actionnaires. La culture ne prendra jamais le pas sur l’argent, c’est le profit qu’on visera avant tout.
Pour pouvoir capter plus de recettes publicitaires et satisfaire ses appétits gloutons TF1 se verra obligée de multiplier ses interruptions de programmes afin de passer ses spots à la gloire de Givenchy.
Comme le dit si bien un humoriste du « Canard Enchaîné » : « A la première on va aux toilettes, à la seconde on peut aller faire un tour sur les chaînes publiques ». Allons! tout ça est de bon augure dans notre beau royaume de France.
14:05 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Poivre d'Arvor, TF1, informations, programmes, recettes publicitaires
03.06.2008
C'est dur! de rentrer à la maison.
Fernand Raynaud se serait écrié : « Bourreaux d’enfants ! » et les gens plus sérieux pourraient parler de maltraitance.
Depuis quelque temps, les petites filles fugueuses reçoivent une belle fessée lorsqu’elles rentrent à la maison. Le maître veille à la bonne éducation de ses élèves et sanctionne lourdement les polissonneries.
La gracieuse Nathalie Kosciusko-Morizet se permet-elle d’accuser ses supérieurs hiérarchiques d’organiser « un concours de lâcheté », elle se fait rappeler à l’ordre, on lui tape sur les doigts. Elle s’excuse platement, avec une telle sincérité, que personne ne songe à lui reprocher d’avoir mangé son chapeau.
Hier encore, la fougueuse Rachida Dati soutient le juge, l’approuve, d’avoir cassé un mariage pour défaut de virginité (expertise à l’appui, je suppose !). Aussitôt, elle se fait sermonner, on la somme de prendre la direction officielle, celle des bien-pensants. Vilaine !
Du coup, volte-face de la garde des sceaux qui, dans un silence assourdissant, ordonne au parquet de faire appel de la décision d’annulation du mariage. Elle se renie avec tant de grâce qu’on ne retiendra que les paroles sensées et sincères qu’elle a prononcées au départ de cette affaire.
En rang les petites filles ! Vous êtes priées de baisser les yeux et de suivre les cours de maintien. Si vous êtes bien sages, on vous trouvera un bon parti et l’on vous assurera un bel avenir…politique.
Je souris à peine, mais avec tristesse. Ces messieurs pour introduire les femmes en politique ont inventé la parité, mais ils n’acceptent pas qu’elles pratiquent l’exercice du pouvoir à leur façon et avec leur sensibilité. La politique doit rester machiste, un point c’est tout ! En rang, les gonzesses !
Je citerai pour mémoire l’affaire des « jupettes », les humiliations subies par Simone Veil, pourtant de taille à se défendre et les moqueries déplacées essuyées par Edith Cresson et les fines allusions décochées contre Ségolène Royal.
La parité n’est pas qu’un chiffre, elle doit s’installer aussi dans les mentalités.
11:17 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : parité, appel, virginité, mentalités, politique, volte-face, renie
01.06.2008
Vierge ou pas vierge? Telle est la question!
Il faut se méfier des mots, de leurs significations, de leurs nuances. Sortis de leur contextes, ils sont comme des bouts de phrases isolées du texte, ils peuvent vous faire pendre un homme.
On le voit bien à propos de la décision d’un tribunal d’annuler un mariage. La polémique qui se développe tourne finalement autour d’un mot : « virginité », et d’un raccourci : « le mariage a été annulé parce que la jeune épousée n’était pas vierge .»
Puisqu’il s’agit du milieu musulman, que je respecte et où j’ai des amis, se demande-t-on, avant de prendre position, quels sont les motifs qui ont poussé les deux jeunes gens à ce mariage, et dans quelles conditions, il a été décidé ? Se demande-t-on davantage, s’il a eu pour motif un sentiment profond et réciproquement partagé ? Peut-on aussi tenir pour négligeable l’attitude d’un époux qui, se rendant compte qu’il n’a pas été le « premier », répudie son épouse aussitôt après les noces ?
Cherche-t-on à imaginer le climat qui règnerait à l’intérieur d’un tel couple si on le forçait, par voie judiciaire, à une communauté de vie, en attendant la procédure d’un divorce conflictuel ?
Est-on bien sûr enfin que cette décision, certes surprenante, plaide en défaveur de la jeune femme ?
On peut supposer raisonnablement que le juge avait à sa disposition, en plus du Code civil, des éléments humains que nous ignorons, et qui l’ont poussé à prendre cette décision qui révolte les bien-pensants.
Les mêmes qui font semblant d’ignorer les atermoiements de la justice, sa partialité, sa
complaisance, quand il s’agit d’hommes politiques importants, sont prêts aujourd’hui à la dénigrer à cause d’un seul mot.
On peut critiquer Rachida Dati pour la politique musclée qu’elle conduit, les deux camps d’ailleurs ne s’en privent pas, mais on doit saluer son courage dans cette affaire. De par ses origines, elle sait probablement mieux que quiconque de quoi il retourne.
Nous n’avons d’ailleurs pas tellement à donner des leçons, nous « les vieilles souches ». J’ai le souvenir d’une époque pas si lointaine où, dans les milieux bourgeois et dans le milieu rural on tenait les filles soumises sous le boisseau pour les guider à l’occasion vers ce qu’on appelait alors « un bon parti ». Tant pis si elles n’étaient pas heureuses puisque l’essentiel était l’addition des biens des deux familles. Pour comble de bonheur, on n’avait pas de souci avec la justice, le divorce était infamant et la majorité des juges était du côté des hypocrites.
11:50 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : vierge, virginité, judiciaire, divorce, annulation, mariage
17.05.2008
Moyenne, quand tu nous tiens!
Prenez un homme d’un poids respectable de 98 Kg, mettez-le à côté d’un congénère qui n’en pèse que 64, vous pourrez toujours dire que vous disposez d’un poids moyen de 81 Kg. Si vous laissez chaque individu disposer de sa masse musculaire, ce calcul est absurde car dans la réalité vous serez confronté à un fort et à un faible, l’homme de 81Kg issu de vos calculs, étant fictif.
C’est bien ce qui se passe dans le jeu des statistiques. Celles-ci dernièrement font état d’une augmentation du pouvoir d’achat de 3,7 pour cent. Et le gouvernement de s’emparer aussitôt de ce « résultat » inespéré pour le claironner aux six coins de l’hexagone.
D’abord ce chiffre est sujet à caution, celui de l’Insee étant de 2 pour cent sans que cet organisme prenne en compte l’augmentation de la population qui est de o,5 pour cent l’an. (environ 300 000 personnes/an sont exclues des calculs).
Pour revenir à la moyenne, entre le PDG d’une puissante firme dont le salaire a augmenté de 30 pour cent et le petit retraité qui verra sa retraite gonfler de 0,8 pour cent dès septembre, on pourra toujours brandir une bonne moyenne de 3,7. Le premier rigolera en douce, le second écarquillera les yeux. On voudrait nous faire prendre les vessies pour des lanternes, on ne « moyennerait » pas mieux.
« Ce résultat est l’effet des premières mesures ! Chante sans complexe le gouvernement : exemple la défiscalisation des heures supplémentaires ! »
Tout le monde sait que cette mesure, qui coûtera plus de six milliards, par un effet d’aubaine ne sert en général qu’à financer des heures supplémentaires qui existaient déjà. Autrement dit le plus gros du paquet fiscal va être empoché par les patrons. Entre l’ouvrier qui travaille plus pour gagner plus et la direction qui encaisse plus , sans lever le petit doigt, on pourra toujours calculer la bonne moyenne.
Conclusion (sans statistique) : le gain du pouvoir d’achat est, et reste concentré sur les plus hauts revenus. Pas sûr que ce genre de moyenne aide le pays à passer dans la classe supérieure.
20:30 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : moyenne, pouvoir d'achat, gain, retraite, haut revenu
16.05.2008
Les rameurs sont tentés de quitter la galère.
J’ai devant les yeux la photo de l’hémicycle de l’Assemblée Nationale, au moment du vote sur les OGM . En bas quelques rangées de députés clairsemés qui semblent faire de la figuration, en haut, dans les tribunes, des centaines d’observateurs qui se pressent. On passe au vote : rejet du texte à une voix. Le lendemain, même scénario, cette fois en commission. Sept députés étaient présents. Ils rejettent d’une voix le texte de la réforme de la constitution. Trois députés UMP joignent leur vote à celui d’un communiste. Ensemble tout est possible.
Cet état de fait désolant m’inspire trois réflexions :
La première c’est que nous vivons sous une drôle de République qui ne paraît avoir bien fonctionné que lorsque elle était dirigée par des hommes d’état solides appelés justement « monarques républicains ». C’est d’ailleurs pour limiter l’influence trop envahissante d’un seul homme que les bons esprits ne cessent de réclamer plus de pouvoir pour le parlement. Mais voila que celui-ci avec ses interventions timorées et décousues, donne le spectacle d’une efficacité médiocre qui n’incite guère à augmenter ses prérogatives.
La deuxième observation, c’est que le Président de la République, que ce soit directement ou par le truchement des hommes qu’il a mis en place, a du mal a tenir ses troupes. C’est le signe évident qu’il ne domine pas son sujet. Hier chez les ministres, c’était la cacophonie ; aujourd’hui, dans la majorité parlementaire, ça tourne à la débandade. Le capitaine se prétend solide à la barre, mais les rameurs sont tentés de quitter la galère. Leader contesté dont le prestige s’effrite, le Président voit le sable se dérober sous ses pieds. Or, être incapable de tenir ses troupes, c’est s’exposer à de grandes difficultés pour gouverner.
Enfin ma troisième observation portera sur le comportement des députés de la majorité. Je dirai que ces derniers ont été victimes, comme leurs électeurs du reste, de ce que j’appellerai le syndrome de la campagne électorale : un candidat brillant, une campagne électorale sans faille, avec son lyrisme, son enthousiasme, sa forte adhésion populaire. Ils ont cru, eux aussi, à leur façon, aux lendemains qui allaient chanter. Et puis on connaît la suite : un président léger qui se croit encore en campagne, qui ne connaît pas toujours ses dossiers, qui est sujet à de nombreuses foucades et dont le comportement récent ressemblait davantage à celui d’un adolescent qu’à celui d’un chef d’état chevronné. « Il est comme ça ! » n’est pas un argument sérieux pour justifier ses dérapages. Or il est loin le temps ou les députés de la majorité, le doigt sur la couture du pantalon, se faisaient traiter de godillots. Les hommes ont mûri avec les institutions, sans compter les chiraquiens, si méprisés, qui saisissent toutes opportunités pour régler leurs comptes.
Ne nous réjouissons pas trop vite de cette incohérence, elle est mauvaise pour le pays. Une politique qui a reçu l’aval du Suffrage universel, qu’on l’approuve ou qu’on la combatte, doit tenir son cap. Il sera toujours temps d’en corriger les effets, si elle est mauvaise, sous une autre majorité. Tout sauf le désordre, ce signe malheureux de l’incompétence ! Si la nature a horreur du vide, la politique aussi ; car on ne sait jamais par quel appel d’air ce vide se comblera. On peut être légitimement inquiet de la direction de certaines réformes; il faut craindre davantage que la France soit mal gouvernée.
23:20 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
09.05.2008
Pouvoir sans conscience...
Comme on n’a jamais pleinement conscience du bonheur de vivre dans une démocratie, il est de bon ton, chez-nous, de brocarder la politique et ceux qui la pratiquent à tous les niveaux de l’Etat. Combien de fois n’avons-nous pas entendu la phrase assassine : « les politiques sont tous des pourris »
Ces « pourris » pourtant, avec leurs qualités, leurs défauts, leurs tentations, leurs chamailleries parfois ridicules, ont veillé scrupuleusement jusque là sur nos libertés, nous garantissant la pérennité de notre régime républicain.
Pour parler comme les gens irréfléchis, je dirai que « certains d’entre nous aillent faire un stage ailleurs! »
Car le pire, en ce moment, est ailleurs. Voyez la Birmanie, voyez ce pauvre peuple, victime d’une épouvantable catastrophe naturelle de loin supérieure au tsunami. On annonçait 350 morts, ils sont 23000 qu’on ne peut plus cacher. Si l’on ajoute à ce nombre terrifiant les 42000 disparus, dont très peu seront retrouvés vivants, on n’est pas loin des 70000 victimes. Saura-t-on un jour le nombre de blessés ou d'estropiés ? A ces malheurs, à ces chagrins, s’ajoutent les effets attendus de la dévastation d’un cyclone qui a laminé récoltes, animaux, arbres, maisons : les épidémies, la famine, et avec la perte des habitations, la privation du confort le plus élémentaire.
L’ampleur d’un tel désastre n’est pas à la mesure d’un seul état, fût-il puissant et riche. Il faut, pour l’atténuer, la solidarité des pays étrangers qui en ont les moyens. Cette solidarité est prête à intervenir. Or le gouvernement de la Birmanie la refuse. La junte militaire accepte vivres et argent, (qu’elle distribuera suivant ses seuls critères) mais ne veut pas d’une ingérence humanitaire. Elle ne la veut pas parce que son principal souci n’est pas de soulager la détresse de son peuple, mais de se maintenir au pouvoir.
Que des équipes humanitaires entrent sur son territoire, suivies d’une cohorte de journalistes, de gestionnaires, d’observateurs, voila sa principale crainte. Elle ne veut pas montrer au monde, ce qu’elle cache depuis 46 ans. Elle ne veut pas non plus qu’avec des hommes libres, entrent des idées susceptibles de réveiller le peuple.
On retrouve encore ici, la constante historique de tous les dictateurs qu’on a vu opérer en tous temps et en tous lieux : peu importe pour eux que des hommes, des femmes, des enfants, meurent ; ils ne sont pas comptables de la vie, mais du seul pouvoir, avec les privilèges qui s’y rattachent.
Rien d’étonnant donc que la junte soit davantage attachée au succès d’un référendum destiné à asseoir un peu plus sa suprématie, qu’au sauvetage de ce qui peut encore être préservé.
Ayons ici une pensée pour Mme Suu Kyi, lauréate du Prix Nobel de la paix, privée de liberté pendant ces 18 denières années. C'est une femme seule, sans pouvoir certes, mais avec une conscience.
21:00 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Birmanie, junte, cyclone, humanitaire, solidarité
05.05.2008
un fascisme d'Etat
Il y a, de par le monde, un mouvement inquiétant, radical, immoral, qui laisse à penser que la solidarité entre les peuples, déjà mise à mal par les politiques des puissants, est en train de disparaître .
En effet, de plus en plus, les contrées riches veulent garder pour elles seules leur prospérité ; elles ne souhaitent plus prendre en charge une part de la pauvreté de leurs voisins, fussent-ils des compatriotes.
Les Tchèques se sont séparés des Slovènes, les Flamands ne veulent plus des Wallons, L’Italie du nord râle contre le Sud, et en Espagne la Catalogne semble en froid avec l’Andalousie. Hier enfin, la région de Santa Cruz, la plus riche de la Bolivie, vote à plus de quatre vingt pour cent (vingt cinq pour cent d’abstentions) le principe de son autonomie, rejetant un peu plus les pauvres dans leur ghetto.
Il ne s’agit plus, comme chez les Basques, de divisions historiques, mais de divisions économiques camouflées sous le nationalisme. Le « chacun pour soi » qui a contaminé les individus, se répand désormais dans les provinces, à l’intérieur d’un même Etat.
Alors que le bon sens devrait pousser les nations éparpillées à s’unir pour défendre les intérêts vitaux de la planète, voila qu’un mouvement incite les peuples à se barricader derrière leur frontière pour préserver leur niveau de vie. Cette politique à courte vue qui n’est pas autre chose qu’un fascisme d’état, se retournera à brève échéance, contre leurs auteurs. Masser des pauvres à sa frontière, c’est y masser des divisions du désespoir.
Raison de plus pour nous, d’encourager les efforts que l’Europe fait pour intégrer les pays en retard, et de fustiger la politique des Etats-Unis dont l’égoïsme aveugle favorise à contrario les divisions afin d’affaiblir les régimes qu’ils détestent.
Grossière erreur ! Les ventres creux n’ont pas d’oreilles ; ils n’ont pas de morale non plus ; ni de civilisation. Ils ne sont perméables qu’à la manipulation mentale des extrémistes. Contre ces derniers, les armes nucléaires sont un dispositif de défense inadapté. On l’a bien vu, un certain Onze Septembre.
19:35 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : fascisme, défense, égoïsme, autonomie, solidarité
25.04.2008
Tout sauf l'indifférence.
On peut ne pas être d’accord avec la politique menée par Nicolas Sarkozy et reconnaître que sa bonne volonté n’est pas en cause. Plus que le fond, connu depuis la campagne électorale, c’est la forme qui me gène. En effet, le Président de la République ne supporte pas l’idée qu’on puisse le taxer d’immobilisme; alors il bouge, s’agite, se met en avant au détriment du Premier ministre, avance à coups d’effets d’annonce. On pourrait lui appliquer la formule : « tout sauf l’indifférence ».
Ce remue ménage élyséen, qui ressemble à une fuite en avant, est presque pathétique par le désordre qu’il génère dans le gouvernement. En effet, nombreux sont les ministres qui n’arrivent plus à suivre dans cette bouteille d’encre où s’agitent des paillettes. Alors, ils cherchent leur voie en fonction des humeurs de leur patron. Rien d’étonnant donc qu’on assiste à ces culbutes en cascade qu’on appelle trivialement des "couacs !"
Plus grave encore, cette façon qu’a le chef de l’Etat de se projeter sous les feux de l’actualité, peut avoir des effets très négatifs dans les affaires délicates. Lors de la dernière conférence de presse du Président, un journaliste le lui a fait finement remarquer en posant une question au sujet d’Ingrid Betancourt.
Ce n’est pas la première fois que les responsables français ont à faire face à des enlèvements d’otages. Or il est à noter que le plus souvent les négociations pour leur libération ont été menées dans le secret par des émissaires non officiels rompus à cette tâche, parfois même sulfureux, comme le préfet Marchiani. Il est déjà fort délicat de négocier des situations conflictuelles d’état à état, suivant des règles internationales (on a vu ce que cela donnait avec Kadhafi) pensez donc avec des gens atypiques qui n’ont aucun principe de droit puisqu’ils sont en rupture avec l’ordre établi.
Ces rebelles ou ces bandits, pour qui le respect de la personne est secondaire, recherchent avant tout l’argent ou la notoriété ; ou bien les deux à la fois. L’otage est le moyen idéal pour faire parler d’eux. Ainsi les Farc savent pertinemment que tant qu’ils détiendront Ingrid Betancourt, ils seront reconnus d’une manière ou d’une autre et qu’on ne les oubliera pas au fond de leur jungle ; surtout depuis que la France a un chef d’état qui donne l’impression de dialoguer avec eux d’égal à égal et qui leur envoie des messages à la limite de la supplication. Ils se sont même permis de le traiter de « naïf ». C’est terrible à dire, mais on a eu l’impression qu’ils n’avaient pas tort en la circonstance.
Un Président de la République n’a pas à s’exposer pour donner à ces gens plus d’importance qu’ils n’en ont, au risque de leur tendre la perche pour les hisser sur la scène internationale.
Le Président peut agir dans l’ombre par le biais de ses envoyés, respecter les règles de discrétion et n’en être pas moins efficace. Oui, mais voila, la Télé n’en saura rien et les administrés non plus.
On retrouve ici la peur bleue du Président de donner l’impression d'immobilisme !
23:00 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : otages, Betancourt, Farc, couacs, effets d'annonce
08.04.2008
De l'art de faire rater une marche!
Le Président de la République qui culmine au premier niveau a botté en touche. « On verra… »
« C’est tout vu ! » a pensé le peuple qui, insatisfait, a emprunté la marche pour descendre au deuxième niveau, chez les sportifs. Mais là non plus cela n’a pas fonctionné. Alors que les visiteurs pensaient pouvoir tâter du muscle, ils n’ont rencontré que de l’atonie. Les sportifs n’affichaient pas plus de dix de tension. Ne les accablons pas, ils sont assis entre deux chaises.
Alors le peuple a voulu descendre au troisième niveau pour y chercher un peu d’oxygène et là, patatras !... il a raté une marche et s’est retrouvé dans la rue avec des extincteurs dans les bras. Et de crier « sus à la flamme ! ». Comble d’ironie, pour épauler la police qui verrouillait tout, on avait mobilisé quelques patrouilles de …pompiers. Les soldats du feu pour défendre la flamme, voilà qui ne manque pas de sel. Pauvre symbole ! L’universalité olympique ne méritait pas ça. Si le sujet n’était pas si grave, on en pleurerait de rire. Surtout que pour corser le tout, les dirigeants du C.I.O. faisaient « la gueule » alors que finalement le bonheur était dans la rue.
En France, soyons clairs : ou nous sommes la patrie des droits de l’homme et nous nous rangeons spontanément du côté des opprimés ou bien nous déclarons que nous sommes devenus une nation d’affairistes qui visent avant tout l’intérêt commercial. Si cette dernière option est la nôtre, courons donc au jeux tendre la main aux Chinois, mais ne biaisons pas.
Ce sont nos attitudes bâtardes, peu courageuses, qui sont la cause directe de ce désastre. Car désastre il y a à tous les points de vue, puisque nous perdons sur tous les tableaux.
Si Sarkozy avait affirmé haut et fort, comme Angela MerKel : « Je n’irai pas à la cérémonie d’ouverture pour marquer mon désaccord », si les sportifs français avaient montré sans ambigüité que c’est le cœur à l’envers qu’ils iraient aux jeux, alors peut-être la rue n’aurait pas réagi avec autant de turbulence. Et cela n’aurait pas fâché les Chinois plus qu’ils ne le sont aujourd’hui.
L’indécision et le manque de courage se paient d’autant plus fort qu’on est haut placé.
Où est donc passé « le rêve français » qu’un certain candidat nous avait tant promis !
16:30 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : attitudes, Angela, opprimés, désastre
07.04.2008
L'eau tiède.
Les évènements qui secouent la Chine font naître dans notre pays émotion et polémique.
Comme toujours en pareil cas, il ne faut pas compter pour réagir dignement, sur nos hommes politiques au prétexte bien commode que les Jeux ne sont pas d’essence politique, alors même qu’ils le sont pleinement. Le C.I.O. en choisissant la Chine dans une forte ambiance de désapprobation a fait jouer l’option politique. Il nous a à l’époque bien bassiné les oreilles en jurant, la main sur le cœur, que la première conséquence de ce choix serait de faire évoluer ce grand pays vers plus de démocratie, plus de respect des droits de l’homme. On voit le résultat. C’est pour le C.I.O. le retour de boomerang.
Alors on comptait, nous Français, sur nos sportifs pour sauver l’honneur. Là encore il faudra attendre les lendemains qui chantent.
Le port de l’image de la colombe sur le maillot, suggéré dans un premier temps, a été jugé un symbole trop fort, trop bouillant, trop agressif et, finalement trop vexant pour les Chinois. Alors, faute d’acide décapant, on s’est rabattu sur l’eau tiède.
« Pour un monde meilleur ! » voilà ce que nos fiers sportifs vont arborer sur un badge dont la dimension reste à définir, ce qui me laisse craindre que les myopes ne puissent pas le lire ; et comme il y a beaucoup de myopes parmi les dirigeants chinois, on voit bien que cette formule d’enfer ne traumatisera pas grand monde.
Surtout que par définition cette dernière formule ne peut contrarier un seul dirigeant de la planète. N'importe quel hypocrite peut même la faire sienne. Car tout le monde veut « son » monde meilleur. Napoléon voulait « son » monde meilleur dans son esprit de conquête ; Hitler voulait, suivant ses pensées monstrueuses, « son » monde meilleur ; nul ne doute que les dirigeants chinois rêvent d’un monde meilleur où tous leurs opposants seront morts ou en prison.
Je souhaite courage et bonne conscience à l’athlète qui ira chercher sa médaille en tout esprit olympique. Quand parvenu sur le podium, l’hymne national de son pays libre sonnera son triomphe, il pourra toujours penser que, derrière les barreaux de leur prison, certains condamnés pour délit d’opinion rêveront longtemps encore « d’un monde meilleur ».
11:55 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : CIO, Jeux, athlètre, droits de l'homme


